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- Visa nomade numérique : Portugal D8 face à Espagne DNV
- Un Français, un Belge ou un Suisse a-t-il vraiment besoin de l’un de ces deux visas ?
- Fiscalité des nomades numériques : IFICI portugais contre loi Beckham espagnole
- Coût de la vie : Lisbonne, Porto, Madrid et Barcelone comparés
- Santé : SNS portugais contre Sistema Nacional de Salud espagnol
- Internet, coworking et logistique du quotidien
- Quel pays choisir ? Grille de décision
- Comment déposer votre dossier : étapes D8 contre DNV espagnol
Sur le papier, le Portugal l’emporte : un dossier de visa moins coûteux (environ 85 $ pour le D8, contre 80 $ pour le DNV espagnol), une fiscalité plus simple avec le taux fixe de l’IFICI à 20 %, contre le barème progressif de la loi Beckham espagnole qui grimpe à 24 %, et un bien meilleur niveau d’anglais au quotidien. L’Espagne garde l’avantage sur les grandes villes, les liaisons aériennes et le coût de la vie dans les terres. Pour un indépendant qui facture environ 60 000 $ par an à des clients situés hors du Portugal ou de l’Espagne, le régime IFICI permet d’économiser en général entre 4 000 et 8 000 $ par an par rapport au régime fiscal espagnol.
L’essentiel à retenir : le visa D8 portugais exige un revenu de 3 480 €/mois (environ 3 780 $), contre 2 762 €/mois (environ 3 000 $) pour le DNV espagnol. Vivre à Lisbonne coûte environ 1 650 $/mois pour un nomade seul, contre 1 400 $ à Porto et 1 500 $ à Madrid. Le Portugal ne taxe pas les revenus de source étrangère grâce à l’IFICI pour les télétravailleurs éligibles, tandis que l’Espagne plafonne les avantages de la loi Beckham à 24 % jusqu’à 600 000 €. Les deux pays mènent à la nationalité après une résidence légale de longue durée : le Portugal exige désormais 10 ans (7 ans pour les ressortissants UE/CPLP) depuis sa réforme de 2026, contre 10 ans également en Espagne.
Repères rapides
- Revenu minimum, D8 portugais : 3 480 €/mois (environ 3 780 $)
- Revenu minimum, DNV espagnol : 2 762 €/mois (environ 3 000 $)
- Délai de naturalisation : Portugal 10 ans (7 ans UE/CPLP), Espagne 10 ans (2 ans pour les pays ibéro-américains)
- Niveau d’anglais (EF EPI 2025) : Portugal 7e mondial, Espagne 36e
Visa nomade numérique : Portugal D8 face à Espagne DNV
Le choix se joue sur trois chiffres : le seuil de revenu, le coût du dossier et le régime fiscal. Voici le comparatif chiffré.
| Critère | Portugal (D8) | Espagne (DNV) |
|---|---|---|
| Revenu mensuel minimum | 3 480 € (environ 3 780 $) | 2 762 € (environ 3 000 $) |
| Épargne exigée | 10 440 € (environ 11 300 $) | 28 000 € (environ 30 400 $) |
| Frais de dossier | environ 85 $, plus environ 200 $ pour le titre de séjour | environ 80 $, plus environ 300 $ pour le NIE et les frais annexes |
| Validité initiale | 4 mois, puis titre de séjour de 2 ans | 1 an, renouvelable jusqu’à 5 ans |
| Accès à la nationalité | 10 ans (7 ans UE/CPLP) | 10 ans (2 ans pays ibéro-américains/Portugal) |
| Famille incluse | Oui (conjoint et personnes à charge) | Oui (conjoint et personnes à charge) |
| Délai de traitement | 60 à 90 jours | 20 jours (une fois sur place) |
Les frais de dossier ci-dessus sont ceux annoncés en dollars américains dans les grilles consulaires ; le montant exact facturé dépend du consulat où vous déposez votre dossier. L’Espagne l’emporte sur le seuil de revenu et la rapidité de traitement. Depuis la réforme portugaise de la nationalité de 2026, les deux pays exigent à peu près la même durée de résidence avant la naturalisation, 10 ans dans les deux cas, donc ce n’est plus un critère qui doit peser dans votre choix : misez plutôt sur la fiscalité, le seuil de revenu et le mode de vie. Selon l’AIMA (Agência para a Integração, Migrações e Asilo, l’agence portugaise de l’immigration et de l’asile qui a remplacé le SEF en 2023), les délais de délivrance du D8 se sont améliorés fin 2025, une fois résorbé le retard hérité de la transition SEF-AIMA.
Un Français, un Belge ou un Suisse a-t-il vraiment besoin de l’un de ces deux visas ?
Non, dans la plupart des cas. La libre circulation européenne dispense les ressortissants français et belges de tout visa pour s’installer au Portugal ou en Espagne, et la Suisse bénéficie d’un accord bilatéral équivalent avec l’Union européenne. Concrètement, vous n’avez besoin ni du D8 portugais ni du DNV espagnol : seul un enregistrement administratif (le Certificado de Registo au Portugal, la démarche équivalente côté espagnol) est nécessaire une fois sur place.
Ce comparatif s’adresse donc surtout aux Québécois et aux Canadiens, qui ne bénéficient d’aucune libre circulation avec l’Union européenne et doivent obtenir l’un de ces deux visas avant de partir, ainsi qu’à quiconque aide un proche non européen à choisir entre les deux pays.
Fiscalité des nomades numériques : IFICI portugais contre loi Beckham espagnole
C’est là que l’écart se creuse vraiment. Le Portugal a remplacé le régime NHR (RNH) en 2024 par l’IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação), qui conserve un taux fixe de 20 % sur les revenus de source portugaise éligibles et une exonération à 0 % sur la plupart des revenus d’emploi de source étrangère, pendant 10 ans. Le nouveau régime fiscal portugais cible les télétravailleurs de la recherche, de l’innovation et de la tech, ce qui couvre la majorité des indépendants du secteur.
La loi Beckham espagnole taxe les revenus d’emploi de source espagnole à un taux fixe de 24 % jusqu’à 600 000 € (47 % au-delà), et exclut la plupart des revenus étrangers de l’impôt espagnol pendant les 6 années que dure le régime. Le piège : il faut ne pas avoir été résident fiscal espagnol au cours des 5 années précédentes, et l’ouverture du régime aux indépendants ne date que de 2023, si bien que son interprétation reste encore incertaine par endroits.
| Poste fiscal | Portugal (IFICI) | Espagne (loi Beckham) |
|---|---|---|
| Durée du régime | 10 ans | 6 ans |
| Revenus d’emploi locaux | 20 % fixe | 24 % jusqu’à 600 000 € |
| Revenus de source étrangère | 0 % (la plupart des catégories) | 0 % (revenus d’emploi) |
| Plus-values crypto | 28 % (détention de moins de 365 jours) | 19 à 28 % par tranches |
| Seuil d’immatriculation à la TVA | 15 000 € | 0 € (immédiat) |
| Cotisations sociales | environ 21,4 % (après exonération la première année) | environ 30 % (réduites les 2 premières années) |
Pour un indépendant qui facture 80 000 $ par an à des clients situés à l’étranger tout en résidant à Lisbonne, l’IFICI donne en général un taux d’imposition effectif de 0 à 8 % la première année. Le même profil installé à Madrid sous la loi Beckham paierait plutôt entre 18 et 24 %. Les informations officielles de l’administration fiscale portugaise sont publiées sur le Portal das Finanças.
Coût de la vie : Lisbonne, Porto, Madrid et Barcelone comparés
La géographie espagnole offre plus de villes intérieures bon marché, mais ses villes vedettes ne sont pas vraiment moins chères que leurs équivalents portugais. Les données Numbeo du premier trimestre 2026, recoupées avec les indices locatifs de l’INE Portugal, montrent qu’un nomade seul dans un studio ou un T1 en centre-ville dépense environ (chiffres en dollars américains dans la source, pour permettre la comparaison internationale) :
| Ville | Loyer (T1 centre) | Courses/mois | Coworking/mois | Total estimé |
|---|---|---|---|---|
| Lisbonne | 1 250 $ | 320 $ | 200 $ | 1 650 $ |
| Porto | 950 $ | 300 $ | 170 $ | 1 400 $ |
| Madrid | 1 200 $ | 340 $ | 220 $ | 1 500 $ |
| Barcelone | 1 350 $ | 330 $ | 210 $ | 1 700 $ |
| Valence | 900 $ | 290 $ | 180 $ | 1 300 $ |
| Braga (PT) | 700 $ | 270 $ | 140 $ | 1 150 $ |
Valence et Braga remportent la palme de l’accessibilité. Si vous cherchez le coût de la vie le plus bas possible, les villes portugaises moyennes comme Braga ou Coimbra battent tout ce qui existe en Espagne, à l’exception de l’intérieur profond de l’Andalousie.
Santé : SNS portugais contre Sistema Nacional de Salud espagnol
Le Portugal et l’Espagne figurent tous les deux dans le top 10 des systèmes de santé selon l’OMS. Une fois titulaire du D8, vous pouvez vous inscrire au SNS (Serviço Nacional de Saúde, le système de santé public portugais) après avoir obtenu votre titre de séjour : une consultation de médecine générale coûte moins de 5 €. Le SNS espagnol, même sigle et même signification, fonctionne de façon comparable pour les résidents en situation régulière.
Différence pratique : au Portugal, la plupart des nomades numériques souscrivent aussi une assurance santé privée, 45 à 90 $/mois, car les délais d’attente du public pour un spécialiste peuvent atteindre 6 à 12 mois. Les délais espagnols sont comparables, et l’assurance privée y coûte un peu moins cher, entre 40 et 70 €/mois. Les informations santé du système public portugais sont publiées sur SNS24.
Internet, coworking et logistique du quotidien
Les deux pays offrent une excellente couverture fibre dans les villes : comptez environ 40 €/mois pour un forfait gigabit au Portugal et 45 €/mois en Espagne. La scène coworking de Lisbonne (Second Home, Heden, Cowork Lisboa) est plus dense au mètre carré que celle de Madrid. Porto a ouvert 14 nouveaux espaces de travail flexibles en 2025.
Le niveau d’anglais fait une vraie différence au quotidien : le Portugal se classe 7e mondial dans l’EF English Proficiency Index, l’Espagne 36e. À Lisbonne ou à Porto, les démarches courantes se gèrent presque entièrement en anglais. À Madrid, l’anglais suffit généralement ; à Valence ou à Séville, un espagnol conversationnel devient nécessaire plus vite que prévu.
Quel pays choisir ? Grille de décision
Choisissez le Portugal si vous facturez 60 000 $ ou plus par an à des clients situés à l’étranger, préférez le taux fixe et la simplicité de l’IFICI au barème progressif de la loi Beckham, aimez le climat atlantique tempéré, et voulez pouvoir apprendre la langue locale progressivement tout en gardant l’anglais comme filet de sécurité.
Choisissez l’Espagne si vous parlez déjà espagnol, voulez de grandes villes et de meilleures liaisons aériennes internationales, prévoyez d’y rester 6 à 10 ans plutôt qu’à vie, ou cherchez un coût de la vie bas loin des côtes.
En définitive, le Portugal l’emporte pour la majorité des nomades numériques francophones : une fiscalité effective plus basse grâce à l’IFICI, un bien meilleur niveau d’anglais et un coût de la vie plus bas à Porto et à Braga forment une équation plus solide sur le long terme que l’option plus tape-à-l’œil de Madrid ou Barcelone, même si les deux pays exigent désormais à peu près la même durée de résidence, 10 ans, avant la nationalité.
Comment déposer votre dossier : étapes D8 contre DNV espagnol
- Obtenez d’abord votre numéro fiscal. Portugal : demandez un NIF. Espagne : NIE, au consulat ou une fois sur place.
- Ouvrez un compte bancaire local. Portugal : ActivoBank, Millennium BCP. Espagne : BBVA, Sabadell. Guide pour ouvrir un compte bancaire au Portugal.
- Réunissez vos documents : un extrait de casier judiciaire de votre pays d’origine (apostillé), 12 mois de relevés bancaires, des contrats prouvant un revenu à distance, un justificatif d’épargne d’environ 28 000 € pour l’Espagne ou 10 440 € pour le Portugal, une assurance santé.
- Déposez votre dossier. D8 portugais : au consulat du Portugal de votre pays de résidence, puis finalisation à l’AIMA après votre arrivée. DNV espagnol : au consulat, ou plus rapide, en entrant avec une autorisation touristique de 90 jours puis en déposant votre demande sur place dans ce délai.
- Après l’approbation : inscrivez-vous à la sécurité sociale, à la santé et aux impôts dans les 30 jours.
Si vous avez opté pour le Portugal, consultez le guide complet de la demande de visa D8, avec la liste des documents et les coordonnées consulaires.
Questions fréquentes
Portugal ou Espagne, quel visa de nomade numérique est le plus facile à obtenir ?
L'Espagne, sur le papier : le DNV demande un revenu mensuel plus bas (2 762 € contre 3 480 € pour le D8 portugais) et se traite en environ 20 jours une fois sur place, contre 60 à 90 jours pour le D8. En contrepartie, l'Espagne exige une épargne bien plus élevée, 28 000 € contre 10 440 € au Portugal.
Un Français, un Belge ou un Suisse a-t-il besoin d'un visa pour s'installer au Portugal ou en Espagne ?
Non. La libre circulation européenne, étendue à la Suisse par un accord bilatéral, vous dispense du D8 comme du DNV : seul un enregistrement administratif reste nécessaire une fois sur place. Ce comparatif s'adresse donc surtout aux Québécois et aux Canadiens, qui doivent obtenir l'un de ces deux visas avant de partir.
Quel pays est le plus avantageux fiscalement pour un nomade numérique en 2026 ?
Le Portugal, pour la plupart des profils. L'IFICI applique un taux fixe de 20 % et exonère la majorité des revenus étrangers pendant 10 ans, contre un taux progressif jusqu'à 24 % en Espagne sous la loi Beckham, valable seulement 6 ans. Pour un indépendant facturant 80 000 $ par an à l'étranger, l'écart d'imposition effective avoisine 10 à 15 points.
Le Portugal est-il toujours moins cher que l'Espagne pour vivre en 2026 ?
Pas partout. Lisbonne, environ 1 650 $/mois, revient plus cher que Porto et reste proche de Madrid (1 500 $), mais moins chère que Barcelone (1 700 $). Porto et surtout Braga (1 150 $) restent les options les plus économiques ; côté espagnol, Valence (1 300 $) fait la meilleure affaire.
Peut-on garder ses clients ou son activité à l'étranger en s'installant au Portugal ou en Espagne ?
Oui dans les deux cas, mais la résidence fiscale change la donne : au-delà de 183 jours par an dans l'un ou l'autre pays, vos revenus mondiaux deviennent imposables localement, sous réserve des exonérations IFICI ou Beckham. La plupart des indépendants gardent leur structure d'origine et continuent de facturer leurs clients habituels, puis déclarent ces revenus dans leur nouveau pays de résidence.
Quel pays offre un accès plus rapide à la nationalité, le Portugal ou l'Espagne ?
Les deux exigent désormais 10 ans de résidence légale dans le cas général. Le Portugal réduit ce délai à 7 ans pour les ressortissants de l'UE ou de la CPLP depuis sa réforme de 2026 (Lei Orgânica n.º 1/2026). L'Espagne le réduit à 2 ans pour les ressortissants ibéro-américains, andorrans, philippins, équato-guinéens ou portugais, ainsi que pour les personnes d'origine séfarade.
Sources
Ce guide cite les sources officielles suivantes. Nous créons un lien direct pour que vous puissiez vérifier chaque information.
- AIMA — Agência para a Integração, Migrações e Asiloaima.gov.pt
- Portal das Finançasportaldasfinancas.gov.pt
- INE — Instituto Nacional de Estatísticaine.pt
- SNS 24sns24.gov.pt
- Diário da Repúblicadiariodarepublica.pt
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